Masque sacré

Masque Dan / Yacouba

Ouest – Région de Man

Masque Dan / Yacouba1 / 3

Masque aux formes ovoïdes épurées, parfois orné de cauris, incarnant les esprits de la forêt (gle).

Histoire & contexte culturel

L'art Dan est l'art produit par le peuple Dan (Yacouba) de l'ouest de la Côte d'Ivoire, à la frontière du Liberia et de la Guinée. Le masque Dan, nommé 'glé' (force spirituelle de la forêt), matérialise un esprit de la forêt souhaitant exercer une influence sur la vie du village. On compte onze types de masques, dont le deangle (moqueur), le bonagle, le bagle, le kagle, le gunyegä (aux yeux ronds et troués, utilisé pour des courses rituelles), le weplirkirgle et le bluagle. Les masques Dan sont reconnaissables à leur modelé pur, à la finesse de leurs traits et à la nervure frontale (scarification) qui va du front jusqu'à la bouche. Les sculpteurs sont exclusivement des hommes (les femmes en sont exclues) et doivent s'abstenir de relations sexuelles durant la fabrication. Le village de Nyor Diaplé est le centre traditionnel de la sculpture Dan. Eberhard Fischer a identifié quatre maîtres du début du XXe siècle : Uopié, Tamé, Si et Tompiémé. Les œuvres sont aujourd'hui conservées dans les grands musées internationaux (Musée du quai Branly, Musée Dapper, Brooklyn Museum).

Matériaux & supports

  • Bois dur sculpté (de préférence sombre)
  • Cauris et perles (pour certains modèles)
  • Coton, raphia et fibres pour la parure

Symbolique & sens

Le masque Dan (glé) matérialise un esprit de la forêt qui souhaite exercer une influence sur la vie du village : il juge, protège, guérit, ou sanctionne. La nervure frontale allant du front à la bouche (scarification) marque l’idéal esthétique et l’appartenance au monde initiatique. Les sculpteurs, exclusivement masculins, doivent s’abstenir de relations sexuelles durant la fabrication. Le gunyegä (yeux ronds et troués) est utilisé pour des courses rituelles nocturnes, le deangle (moqueur) se moque publiquement des tricheurs.

Repères historiques

  1. 1997Création du Festival Tonkpi Nihidaley (« l’allégresse au plus haut sommet » en langue Dan) à Man.
  2. Début XXe siècleApogée de la sculpture Dan, avec quatre maîtres identifiés par l’ethnologue Eberhard Fischer : Uopié, Tamé, Si et Tompiémé.
  3. XIXe siècleL’art Dan s’affirme dans l’Ouest ivoirien, à la frontière du Liberia et de la Guinée, autour du village de Nyor Diaplé.
  4. XXe siècleDiffusion des œuvres dans les grandes collections occidentales (Musée du quai Branly, Musée Dapper, Brooklyn Museum, Honolulu Museum of Art).

Ce qu'il faut savoir

Incarnation des esprits de la forêt (glé) — apogée de la sculpture au début du XXe siècle — Nyor Diaplé, village des sculpteurs

Vidéo documentaire