Étoffe d'écorce battue (tapa) et fibre de raphia tissée par les Dida et Godié.
Histoire & contexte culturel
Deux textiles distincts mais complémentaires constituent la base vestimentaire traditionnelle du peuple Krou. Le TAPA (ou Glôkô en bété de Daloa) est un tissu d'écorce battue, obtenu par un processus en plusieurs étapes : abattage de l'arbre, extraction de l'écorce du bois, frappes multiples sur l'écorce jusqu'à sa dilatation pour donner le tissu, puis séchage au soleil et teinture. Le tapa ne résulte pas d'un tissage, mais bien d'un martelage mécanique des fibres végétales (technique de l'écorce battue également connue en Océanie). Le RAPHIA est une fibre textile tirée des feuilles de palmiers raphia (Raphia) qui poussent dans les zones tropicales marécageuses. Une fois réduite à l'état de fibre textile, les fils sont tissés et brodés pour produire des vêtements aux teintes allant du marron foncé au clair. Le tissage du raphia est pratiqué presque exclusivement par les femmes Dida et Godié, et constitue un art d'une grande finesse, reconnu internationalement (le Metropolitan Museum of Art à New York en possède une collection). Le pagne traditionnel Dida 'gnigbéli-lokui' et le 'kôdê' (pagne d'écorce d'arbre battue) sont les deux pièces maîtresses. Ces textiles sont aujourd'hui réservés à des occasions spéciales, la disparition du couvert forestier ayant réduit la matière première. Le Dida Festival célèbre chaque année cette tradition à Divo.
Occasions de port
Tenues coutumières, danses
Matériaux & supports
- Écorce d’arbres battue (fromager, ficus) — pour le tapa
- Feuilles de palmier raphia (Raphia) — pour le raphia tissé
- Maillet en bois (gbasira) pour battre l’écorce
- Colorants naturels (écorces, indigo, kaolin)
Symbolique & sens
Le tapa (kôdê) symbolise le lien avec la forêt, le monde végétal et les ancêtres ; il est porté lors des rites de passage (funérailles, initiations). Le raphia tissé (gnigbéli-lokui chez les Dida) représente la maîtrise féminine et la transmission matrilinéaire : la couleur et la qualité du tissage renseignent sur l’âge, le rang et le lignage. Les motifs brodés du raphia codent les appartenances claniques et les moments de port (cérémonies, danses rituelles).
Repères historiques
- AnnuelLe Dida Festival de Divo célèbre la tradition du tapa et du raphia ; mais la déforestation réduit la ressource.
- AntiquitéTechnique de l’écorce battue présente en Afrique (Océanie également) : arbre abattu, écorce martelée, séchée et teinte.
- XIXe siècleLe tissage du raphia devient un art d’excellence féminine chez les Dida et Godié de Côte d’Ivoire.
- XXe siècleLe Metropolitan Museum of Art (New York) acquiert une collection de raphias krou, consacrant leur reconnaissance internationale.